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Faux-bourgs de Yohanne Lamoulère s’expose

Publié par le 16 avril 2013

Après 3 mois d’exposition à la FNAC de Marseille, l’exposition Faux-bourgs de l’artisteYohanne Lamoulère sera à partir du 16 avril à la FNAC de Nantes. Faux-bourgs est aussi un numéro spécial des récits d’hospitalité d’Hôtel du Nord édité par les éditions Commune et disponible dans des chambres d’hôtes d’Hôtel du Nord comme en librairie.

Ce travail, conduit depuis quatre ans dans les XV° et XVI° arrondissements de Marseille interroge le rapport entre la mémoire et l’esprit des lieux d’un côté, et les opérations d’urbanisme et d’aménagement de la ville de l’autre. Faux-Bourgs a pour objectifs de favoriser l’appropriation de l’image de ces quartiers par ceux qui y habitent, rendre visible leur diversité, s’interroger sur leur couverture médiatique, et valoriser les pratiques populaires de la ville.

Dans le cadre de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture, la Fnac s’associe à ce projet pour soutenir la région et la création locale.

Du bassin de Séon aux contreforts de l’Étoile, le long du ruisseau des Aygalades ou de la rue de Lyon, le Nord de Marseille porte une mythologie singulière, médiatique et contradictoire. Alors que l’identité bourgeoise et oisive du XIXe siècle a cédé depuis longtemps la place à une identité industrielle et ouvrière, le mélange de hasard, de contrastes et de ruptures qui caractérise aujourd’hui les quartiers Nord est en passe de s’effacer au profit d’une ville plus cadrée et planifiée. Reconquête, ANRU, TGV, Euroméditerranée, rénovation urbaine, Marseille-Provence 2013… sont autant de slogans qui se succèdent depuis 15 ans comme une litanie visant à exorciser une malédiction.

Pourtant certains continuent à déployer leur génie, leur intuition ou leur pragmatisme pour faire vivre les rues. Indifférents aux statistiques et aux articles de presse, les jeunes investissent leur ville avec entêtement, et opposent la fronde amicale ou sauvage à la froideur de la ville à venir. À l’heure où cette dernière devient une affaire d’image et de label, à l’heure où « Marseille accélère » pour se transformer en capitale, la vie de quartier insaisissable qui anime le Nord de la ville est encore la meilleure réponse aux forces de l’amnésie et de l’effacement.

Jérémy Garniaux

Parcours

Après des études d’histoire de l’art et un diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie à Arles, Yohanne Lamoulère choisit de vivre et de travailler à Marseille. En 2007 elle décide de pallier à l’isolement et intègre le collectif Transit ainsi que l’agence Picturetank. Depuis 10 ans ses champs d’investigations privilégiés sont ceux de l’isolement, elle témoigne du processus migratoire en France et à l’étranger (La Roue ou la Noria des saisonniers agricoles, ed. Khiasma), du monde du travail dans le Nord de la France avec Jean-Bernard Pouy (Bord à Canal, ed. Invenit), et de la vie de banlieue avec Faux-Bourgs(ed. Communes).

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