1995 : La Mission européenne de patrimoine intégré
Pour accompagner la mutation urbaine de la zone arrière portuaire marseillaise, en 1995, l’Etat, la Ville de Marseille, l’Université, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et le Conseil de l’Europe ont créé la mission expérimentale européenne de patrimoine intégré.
Ce processus s’inscrit jusqu’à aujourd’hui dans le cadre des Conventions culturelles Ville/Etat renouvelées avec les aménageurs urbains. Le périmètre expérimental est celui du Grand Projet Urbain (GPU), devenu Grand Projet de Ville (GPV), puis l’ensemble des 15ième et 16ième arrondissements de Marseille en relation avec la mairie de secteur. Le financement de cette mission est réalisé par la mise à disposition d’un poste de conservateur du patrimoine.
Christine Breton, conservatrice du patrimoine, des associations, des habitants et des entreprises mettent en route le processus patrimonial et réalisent un important travail de collecte, d’identification, d’interprétation et de présentation du patrimoine. Des intervenants externes viennent les appuyer : artistes, architectes, universitaires, auteurs, etc.
Ce travail « souterrain » donne lieu à des publications, des classements, des créations artistiques et à de nouveaux usages du patrimoine. Chaque année, pour les Journées Européennes du Patrimoine (JEP), le public est invité à venir se rendre compte du travail accompli en participant à des « balades patrimoniales ».
2005 : La convention de Faro
En 2005, le Conseil de l’Europe adopte une convention cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, dite Convention de Faro. Elle synthétise trente années de travaux sur l’approche intégrée du patrimoine et énonce les grands principes de son application.
La Convention de Faro place la personne au centre d’un concept élargi et transversal du patrimoine culturel, elle met en exergue la valeur et le potentiel du patrimoine culturel comme ressource de développement durable et de qualité de la vie et elle reconnaît que toute personne a le droit de s’impliquer dans le patrimoine culturel de son choix comme un aspect du droit de prendre librement part à la vie culturelle, droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies (1948). Ces principes sont énoncés en préambule de la convention.
L’objet d’une convention cadre est de créer un cadre paneuropéen de coopération qui vienne favoriser le processus dynamique de mise en application effective des principes qu’elle énonce.
Elle devient le cadre de référence du processus patrimonial et son point d’appui pour transformer l’expérimental en droit commun.
2009 : L’adhésion de la Mairie de secteur aux principes de Faro.
En janvier 2009, les communautés patrimoniales et la mairie de secteur des 15ième et 16ième arrondissements inaugurent la Commission Patrimoine pour penser ensemble la politique patrimoniale du secteur afin d’appliquer les principes de la Convention de Faro.
En septembre 2009, la Maire de secteur signe l’adhésion aux principes de la Convention de Faro en présence de membres de la commission patrimoine, du Conseil de l’Europe et d’une délégation de vénitiens qui s’inspire de l’expérience marseillaise et de la Convention de Faro.
Fin 2010, la mise à disposition du poste de conservateur par la ville de Marseille s’arrête. La commission patrimoine, présidée par la mairie de secteur, prend le relais de la dimension de service publique.
Elle compte aujourd’hui 20 partenaires : les 8 communautés patrimoniales, 2 fédérations de ciq, des entreprises et associations partenaires ponctuels des Journées Européennes du Patrimoine, les institutions culturelles du secteur, la coopérative Hôtel du Nord et la mairie de secteur.
La mission a réussi à inscrire durablement les principes de Faro dans la gouvernance des politiques publiques patrimoniales des 15ième et 16ième arrondissements de Marseille.
2010 : Lancement pilote d’Hôtel du Nord et premier bilan
L’application des principes européens de valorisation économique du patrimoine se poursuit avec le lancement en 2010 de “Hôtel du Nord”, une offre d’hospitalité prenant appui sur l’année Capitale européenne de la culture en 2013 et sur les bénévoles réunis des communautés patrimoniales.
Le titre de capitale européenne de la culture en 2013 obtenu par Marseille-Provence est un cadre idéal pour poursuivre l’application des principes de participation, de coopération européenne et de développement économique.
En 2010, la commission patrimoine et Marseille-Provence 2013 coproduisent la phase pilote d’Hôtel du Nord. Elle est hébergée par la coopérative Place. Un séjour pilote “Eaux et Jardins” est construit pour les JEP 2010 et est mis en vente par Taddart, entreprise de tourisme participatif.
Pour les Journées Européennes du Patrimoine du 17 au 19 septembre 2010, plus d’un millier de personnes participent aux rencontres, expositions et balades patrimoniales créées et organisées par les communautés patrimoniales des 15ième et 16ième arrondissements de Marseille et la mairie de secteur.
Pendant ces 3 journées, 17 personnes venues de France, du Mali et de Suisse sont accueillies par 6 hôtes dans le cadre du séjour “Eaux et Jardins”.
Le séjour génère des recettes directes dont plus de la moitié pour les chambres d’hôtes classifiées en trois catégories : Bastide, Maisonnette et Appartement. Ce séjour a permis de tester l’offre de séjour et les opérateurs : agence de voyage, chambres d’hôtes, restauration, point accueil et accompagnateurs.
De nombreux médias se sont fait l’écho de ce séjour et plusieurs personnes font connaître leur intérêt pour Hôtel du Nord : soit pour ouvrir une chambre d’hôtes, soit pour une recherche d’hébergement, ou d’autres propositions de collaboration.
2011 : La coopérative “Hôtel du Nord”
Fort de ce sucés, des membres des communautés patrimoniales fondent la coopérative Hôtel du Nord.
Son objet social est de valoriser économiquement le patrimoine présent dans les 15ième et 16ième arrondissements de Marseille pour le conserver « en vie » et améliorer la vie de ceux qui y vivent et travaillent (cf statuts).
Les principes fondateurs de la coopérative sont l’adhésion libre, volontaire et ouverte, le pouvoir démocratique exercé par les membres (un membre, une voix), le contrôle par les habitants des communautés patrimoniales (ils détiennent statutairement au moins 51% des droits de vote), l’autonomie et l’indépendance et l’éducation, la formation et l’information avec une “Ecole des hôtes”.
Sa phase de préfiguration et jusqu’au seuil des cents membres (objectif 2013) consiste à inventer et éprouver une forme coopérative de gouvernance garante de l’application des principes de la Convention de Faro sur le terrain (Droit au patrimoine culturel). Le but est la création d’une “coopérative européenne patrimoniale” autonome et démocratique qui fait école sur les principes de Faro.
Ses activités sont la gestion de sa marque Hôtel du Nord (un nom, un signe, un label et un symbole qui en permet l’identification), l’éducation, la formation et l’information via l’Ecole des hôtes et la co-production de mises en valeur du patrimoine.
La coopérative Hôtel du Nord siège à la commission patrimoine du 15ième et du 16ième arrondissement de Marseille (4 commissions par an) et a en charge la préparation de la commission consacrée à la valorisation économique du patrimoine.

Chargement









